La production mondiale de diamants est en baisse, en réponse à des conditions de marché difficiles et à la raréfaction des nouveaux gisements viables. Face à la demande faible, les principaux producteurs de diamants, tels que De Beers et Petra Diamonds, ont décidé de reporter leurs ventes et de réviser leurs plans de production. Cet article analyse les raisons de cette tendance à la baisse et ses implications pour l’industrie.
La réduction des ventes en réaction à la faible demande
Face à la demande insuffisante, plusieurs compagnies minières ont pris des mesures pour limiter l’offre sur le marché. Petra Diamonds a annoncé le report de ses ventes pour soutenir la décision de De Beers de restreindre ses allocations.

De Beers, qui a vu ses ventes de brut chuter de 22 % au premier semestre 2024, a permis à ses clients d’acheter moins de diamants que d’habitude et a fusionné ses ventes d’août et d’octobre en une seule session en septembre. L’entreprise prévoit maintenant une production comprise entre 23 et 26 millions de carats pour l’année 2024, contre 31,8 millions en 2023.
Des niveaux historiquement bas
En 2023, la production mondiale de diamants a chuté de 8 %, atteignant 111,5 millions de carats, le niveau le plus bas enregistré par le Processus de Kimberley depuis 20 ans, exception faite de 2020 en raison de la pandémie. En valeur, la production a baissé de 20 %, s’établissant à 12,73 milliards de dollars (environ 12,1 milliards d’euros), avec un prix moyen en baisse de 14 % à 114 $ (108 €) par carat.

La Russie, l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo (RDC) ont été les principaux contributeurs à cette baisse. La production de la Russie a diminué de 11 %, tandis que celle de l’Afrique du Sud a chuté de 3,8 millions de carats, notamment en raison de la transition de la mine de Venetia vers une exploitation souterraine.

Des facteurs opérationnels et une demande en baisse
La baisse de la production résulte également de facteurs opérationnels. En Afrique du Sud, la transition de la mine de Venetia a contribué à la baisse de la production nationale. De plus, la faible demande mondiale, notamment en Inde, où les importations de diamants bruts ont chuté de 11 % en volume en 2023, a exacerbé le problème. Le marché a été surchargé après l’explosion des achats post-Covid en 2021 et 2022, ce qui a conduit les acteurs du secteur à réduire leurs achats.

Un marché en attente d’une reprise
La demande de diamants reste faible en 2024, avec des stocks importants de pierres polies non vendues. Les fabricants refusent d’acheter du brut, forçant ainsi les compagnies minières à reporter leurs ventes. De Beers et d’autres producteurs espèrent que la discipline en matière d’offre, combinée à une augmentation saisonnière de la demande pendant les fêtes de fin d’année, stabilisera le marché et soutiendra les prix.
Une reprise en forme de U
Les ventes de bijoux en diamants stagnent, en particulier en Chine, où le ralentissement économique se fait sentir, et aux États-Unis, où les consommateurs sont confrontés à une hausse du coût de la vie. En revanche, l’Inde montre des signes de croissance. De plus, les diamants synthétiques prennent une part de marché croissante, représentant environ 7 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros) de pertes pour le marché des diamants naturels en 2023, selon De Beers.
Pour relancer la demande, De Beers collabore avec des détaillants tels que Signet Jewelers aux États-Unis et Chow Tai Fook en Chine. Le Natural Diamond Council (NDC) a également lancé la campagne « Real. Rare. Responsible. » pour promouvoir les diamants naturels. Cependant, le directeur général de De Beers, Al Cook, a prévenu que la reprise sera en forme de U, indiquant une période prolongée de faiblesse du marché avant une amélioration.
De nouveaux standards de production
Les compagnies minières maintiennent des niveaux de production réduits en raison de la demande faible et de la fermeture de certaines mines clés, comme Diavik au Canada, qui cessera ses activités en 2026. Peu de nouvelles mines sont en cours de développement, l’Angola étant l’une des rares régions avec des perspectives de nouvelles découvertes. Les coûts croissants incitent également les entreprises à réduire l’offre plutôt que de baisser les prix, dans le but de maintenir une valeur minimale pour leurs ventes.
La production mondiale de diamants semble donc se stabiliser à des niveaux historiquement bas, avec des perspectives de production encore plus réduites dans les années à venir.



