De Beers enregistre une perte d’EBITDA de 189 millions de dollars au premier semestre 2025, contre un bénéfice de 300 millions un an plus tôt. Anglo American accélère la vente de sa filiale diamantifère alors que le Botswana revendique le contrôle de cet actif stratégique. Cette crise financière marque un tournant historique pour le leader mondial du diamant.
À retenir
- Perte d’EBITDA de 189 millions de dollars au S1 2025
- Production réduite de 36% au T2 2025 (4,1 millions de carats)
- Anglo American cède De Beers en 6-9 mois maximum
- Le Botswana veut augmenter sa participation de 15% à 100%
- Valorisation actuelle : 4,1 milliards de dollars
De Beers publie des résultats catastrophiques pour le premier semestre 2025
Les résultats publiés le 31 juillet 2025 confirment la perte d’EBITDA de 189 millions de dollars pour De Beers. Le contraste est saisissant avec le revenu de 300 millions enregistré au premier semestre 2024. Cette dégradation s’explique principalement par la stratégie de « rééquilibrage des stocks » qui force le groupe à vendre des diamants bruts à des prix inférieurs à leur coût d’acquisition.
Le rééquilibrage des stocks pèse sur la rentabilité
La politique de rééquilibrage implique la vente d’assortiments spécifiques de diamants bruts à des marges réduites. Ces pierres ont été acquises dans un contexte de prix élevés début 2024. Leur revente à prix plus bas génère des pertes directes sur les opérations courantes.
Les ventes consolidées reculent de 13% sur le semestre
Malgré une hausse de 14% au deuxième trimestre, les ventes de diamants bruts s’établissent à 1,71 milliard de dollars sur le premier semestre, en baisse de 13%. Le volume total atteint 11 millions de carats consolidés (12,3 millions avec les ventes ponctuelles). Le prix moyen de vente chute de 5% à 155 dollars par carat.

Production réduite de 36% face au ralentissement du marché
De Beers ajuste massivement sa production face à la demande affaiblie. La production du deuxième trimestre 2025 s’effondre à 4,1 millions de carats, soit une réduction de 36%. La mine de Venetia en Afrique du Sud est la seule à afficher une croissance (+17%) tandis que Botswana et Canada plongent respectivement de 44% et 46%.
Coûts unitaires en hausse malgré la réduction des volumes
Les coûts unitaires atteignent 87 dollars par carat contre 85 dollars un an plus tôt. Pour 2025, De Beers prévoit 94 dollars par carat. Cette augmentation reflète la dilution des coûts fixes sur des volumes réduits.
Anglo American accélère la cession de De Beers
Anglo American confirme son engagement à céder De Beers dans les 6 à 9 prochains mois. Deux options s’offrent aux dirigeants : une vente commerciale à un tiers ou une introduction en bourse à Londres, New York ou Johannesburg. La valorisation actuelle est fixée à 4,1 milliards de dollars.
Le Botswana revendique la maîtrise totale
Le Botswana, déjà actionnaire à 15% de De Beers et co-propriétaire à 50% de Debswana, ambitionne de prendre le contrôle total. Le ministre Bogolo Kenewendo déclare que « le financement n’est pas un problème » malgré la baisse des réserves de change du pays (3,5 milliards de dollars). Le président Duma Boko qualifie De Beers de « cassé » et souhaite nationaliser les opérations de vente.
Des consortiums pourraient se former
Face à l’ampleur de l’acquisition (4,1 milliards de dollars), des regroupements d’investisseurs pourraient émerger. Anglo American précise que le Botswana ne bénéficiera d’aucun prix préférentiel. L’entreprise privilégie les acheteurs disposant des ressources nécessaires et comprenant le marché du diamant.

Marché mondial du diamant : une situation tendue
Le marché mondial du diamant traverse une période difficile. L’incertitude liée aux tarifs douaniers américains annoncés en avril 2025 a ralenti le commerce des diamants polis. Le midstream et le downstream restent prudents dans leurs réapprovisionnements.
Demande régionale contrastée
Les États-Unis maintiennent une demande stable. L’Inde affiche une croissance à deux chiffres au premier trimestre. Le déclin chinois ralentit tandis que le Japon et le Golfe maintiennent des niveaux de demande solides.
Concurrence des diamants de laboratoire
La récession du marché s’explique aussi par la concurrence croissante des diamants de laboratoire et l’accumulation de stocks chez De Beers. Cette situation pousse certains analystes à conseiller à Anglo American d’attendre une reprise du marché pour obtenir un prix équitable.











