Les Paris Luxury Days se sont tenus du 10 au 14 janvier 2026, rassemblant les passionnés de joaillerie et d’horlogerie de collection dans le somptueux Hôtel Marcel Dassault. Dans ce décor où le raffinement sert d’écrin aux pièces d’exception, Artcurial a proposé trois sessions distinctes, chacune mettant en avant des lots de grande rareté et de forte valeur patrimoniale. Au terme des ventes, les enchères ont dépassé les 6,5 millions d’euros, confirmant le rôle de Paris comme capitale de la haute joaillerie et de l’horlogerie de collection.
À retenir
- Paris Luxury Days : 10–14 janvier 2026, Hôtel Marcel Dassault.
- 118 lots horlogerie, 70 lots “Le Temps est Féminin”, 305 lots joaillerie.
- Les plus hautes ventes : bague Harry Winston 244 940 €, parure de la Duchesse d’Angoulême 99 300 €.
- Provenance mise en avant : pièces de la famille royale française et d’archives privées.
- Plus de 6,5 millions d’euros adjugés sous le marteau de Stéphane Aubert.
Les Paris Luxury Days installent un nouveau standard pour les enchères de luxe à Paris. En réunissant horlogerie de collection, pièces féminines et joaillerie d’exception, l’événement met en lumière la continuité entre art mécanique et création joaillière. Pour les collectionneurs français et européens, il s’impose comme un rendez‑vous annuel où prestige, expertise et transparence se répondent.
Un cadre d’exception et une expérience immersive
L’Hôtel Marcel Dassault, situé sur le rond‑point des Champs‑Élysées, a été choisi pour son architecture contemporaine qui dialogue avec le luxe intemporel des pièces présentées. Du 5 au 9 janvier, des expositions privées et publiques ont permis aux visiteurs d’examiner les lots avant la vente officielle, dans des salons scénographiés comme de véritables galeries. Artcurial a mis en avant la transparence des ventes grâce à des rapports de condition détaillés, garantissant aux enchérisseurs l’authenticité, l’état et la provenance des objets.

Une mise en scène adaptée aux collectionneurs
Les trois sessions – Horlogerie de collection, Le Temps est Féminin et Joaillerie – ont été réparties sur trois jours. Chaque segment suit une ligne éditoriale claire : de la mécanique pure aux bijoux sertis, en passant par les montres féminines. Les visiteurs peuvent ainsi suivre un parcours thématique structuré qui renforce la compréhension du patrimoine horloger et joaillier, tout en facilitant la comparaison entre les pièces.
Des rapports de condition pour sécuriser les acquisitions
Les lots, numérotés et accompagnés d’archives détaillées, permettent aux acheteurs d’évaluer la valeur patrimoniale exacte de chaque pièce. Artcurial insiste sur le rôle déterminant de la provenance historique dans la formation des prix, à l’image de la parure de la Duchesse d’Angoulême. Cette démarche sécurise les enchérisseurs, en particulier les nouveaux entrants pour qui la documentation constitue un repère essentiel.
Horlogerie de collection : la transition entre utilité et patrimoine
La session du 13 janvier a présenté 118 montres de collection, dont plusieurs modèles emblématiques. La Rolex Sea‑Dweller Comex (réf. 1665, 1980) et la Patek Philippe 3970 (1993) étaient estimées entre 80 000 € et 120 000 €. La valeur de ces garde‑temps dépasse largement leur simple fonction d’usage, pour s’imposer comme de véritables actifs patrimoniaux dans les collections privées.
Les pièces maîtresses et leur attrait
Outre la Rolex Daytona « Porcelain Floating Cosmograph » et la Patek Philippe Nautilus, la vente a confirmé la montée en puissance des montres dites « outils » devenues symboles de statut. Conçues à l’origine pour la plongée, l’aviation ou la mesure du temps en conditions extrêmes, ces pièces sont aujourd’hui recherchées pour leur technologie horlogère avancée et leur histoire de production documentée. Leur rareté sur le marché secondaire contribue à soutenir les prix.
Des chiffres qui parlent d’eux‑mêmes
Les montres produites entre 1980 et 1993 se négocient dans une fourchette qui illustre à la fois la durabilité perçue et l’exclusivité du marché. La présence de complications telles que le calendrier perpétuel ou les phases de lune ajoute une dimension technique qui séduit les collectionneurs avertis, prêts à payer une prime pour cette complexité.
Le Temps est Féminin : l’horlogerie-bijou au féminin
Soixante‑dix lots ont été proposés dans cette session, rappelant que l’horlogerie ne relève plus uniquement de l’univers masculin. La Jaeger‑LeCoultre Duoplan Art déco (vers 1920) a été adjugée 39 720 €, illustrant la valeur accordée à la conception joaillière raffinée et à la provenance historique documentée. Ces montres‑bijoux conjuguent miniaturisation du mouvement et travail du métal précieux.
La dimension sentimentale des pièces
Une Patek Philippe en or jaune ayant appartenu à l’épouse d’André Chaumeix a été vendue 54 284 €, très au‑dessus de son estimation de 8 000–12 000 €. Cet écart met en lumière le poids du lien émotionnel et du récit biographique dans la valorisation des montres féminines. Les collectionneurs achètent autant une histoire qu’un objet, surtout lorsque la provenance est précisément documentée.
Un nouveau regard sur la collection de femmes
Les pièces mises en avant associent diamants de qualité et design Art déco, créant un mélange d’esthétique et de fonctionnalité. Les collectionneurs recherchent désormais des montres qui, tout en conservant une précision horlogère irréprochable, deviennent des accessoires de style à porter au quotidien. Ce segment contribue à redéfinir la place des femmes sur le marché des enchères, encore largement dominé par les références masculines.
Joaillerie : des diamants qui dépassent les attentes
Le 14 janvier, 305 lots de haute joaillerie ont été mis aux enchères, avec des prix qui ont, pour beaucoup, dépassé les estimations. La bague Harry Winston sertie d’un diamant de 6,96 cts (Type IIa, couleur D, VVS2) a été adjugée 244 940 €, tandis que la bague Graff Fancy Yellow de 10,97 cts a atteint 158 880 €. Ces résultats confirment l’appétit des acheteurs pour les grosses pierres certifiées, perçues à la fois comme objets de désir et valeurs refuges.

La parure royale qui a surpris les enchérisseurs
La parure de la Duchesse d’Angoulême, en quartz fumé, a atteint 99 300 €, très au‑delà de son estimation initiale de 6 000–8 000 €. Cette performance illustre le potentiel des pièces liées aux anciennes dynasties françaises pour générer des montants record. Les acheteurs recherchent autant la singularité esthétique que la charge symbolique associée à ces bijoux d’origine royale.
Impact financier et positionnement d’Artcurial
Le total des trois ventes a franchi les 6,5 millions d’euros adjugés, consolidant la stature d’Artcurial comme l’un des leaders des enchères de luxe à Paris. La stratégie de transparence, de documentation et de mise en scène renforce la confiance dans un marché où le luxe se mesure autant par le design des pièces que par leur histoire certifiée. À terme, cette politique pourrait attirer davantage d’acheteurs internationaux vers la place parisienne.
Entre passion et investissement : un débat à l’heure des enchères
Alors que les prix continuent de progresser, certains collectionneurs s’interrogent : le marché est‑il devenu avant tout un investissement financier structuré plutôt qu’un plaisir esthétique ? D’autres défendent l’idée que la valeur historique, la rareté et la qualité d’exécution restent les moteurs principaux. En mettant l’accent sur la provenance, Artcurial cherche à concilier ces deux approches, en offrant à chaque enchérisseur un parcours d’achat transparent et argumenté.
Les enjeux de la pratique d’achat
Les rapports de condition et les archives fournies permettent aux acheteurs de vérifier la conservation des pièces et leur authenticité documentée, réduisant les risques de litige et augmentant la confiance dans la démarche d’acquisition. Cette rigueur documentaire constitue un atout pour attirer une clientèle plus jeune, attentive aux garanties et à la traçabilité des objets de luxe.
L’essor d’une culture du prestige partagé
La structure immersive des Paris Luxury Days favorise les échanges entre passionnés, professionnels et nouveaux acheteurs, créant un réseau où la collection devient un véritable identifiant social assumé. Au‑delà des prix, l’événement installe une culture du prestige partagé, portée par un dialogue ouvert sur les usages, les attentes et l’avenir de la joaillerie et de l’horlogerie de collection.











