Le 25 octobre 2025, Monaco accueillera la première édition du Grand Prix de la Haute Joaillerie, un événement inédit conçu pour célébrer l’excellence artisanale et positionner la Principauté comme un nouveau pôle mondial du luxe. Porté par des acteurs majeurs comme la Société des Bains de Mer et Jean-Philippe Braud, ce sommet ambitionne de rassembler les plus grandes maisons, des gemmologues et des collectionneurs autour d’une compétition prestigieuse, ponctuée d’un gala exceptionnel et d’une exposition ouverte au public. Entre héritage parisien et innovation monégasque, l’initiative interroge l’avenir d’un secteur en quête de visibilité et d’éthique.
À retenir
- Le Grand Prix de la Haute Joaillerie se tiendra pour la première fois le 25 octobre 2025 à Monaco, avec une vocation annuelle lors du dernier week-end d’octobre.
- L’événement est cofondé par la Société des Bains de Mer (SBM) et Jean-Philippe Braud (président de Profirst France), avec le soutien de Stéphane Valeri (SBM).
- 15 maisons participantes dont Boucheron, Chanel, Chopard, Dior, Louis Vuitton et Tiffany & Co., aux côtés de créateurs indépendants et d’artisans.
- 8 trophées décernés par un jury international présidé par Fabienne Reybaud, couvrant design, savoir-faire, pierres précieuses et jeunes talents.
- Les pièces en compétition auront une valeur estimée entre 100 000 euros et plusieurs dizaines de millions d’euros.
- Un gala à la Salle des Étoiles (Sporting Monte-Carlo) clôturera trois jours d’expositions dans les boutiques monégasques et au Café de la Rotonde.
- L’accès sera payant et ouvert au public, avec une programmation incluant défilés, conférences et remise de prix.
- Monaco mise sur cet événement pour compléter l’offre parisienne (Place Vendôme) et affirmer son rôle dans le luxe durable et l’innovation joaillière.
Un sommet inédit pour la haute joaillerie mondiale
Le Grand Prix de la Haute Joaillerie marque une étape dans l’histoire d’un secteur longtemps centré sur Paris. Conçu comme un hommage aux savoir-faire d’exception, cet événement annuel entend offrir une scène dédiée à un art souvent relégué au second plan des grands rendez-vous culturels. La Principauté de Monaco, avec son écosystème ultra-luxe et sa réputation de sécurité, devient ainsi le cadre idéal pour une manifestation alliant prestige, innovation et accessibilité.
Une première édition aux ambitions historiques
Le 25 octobre 2025, Monaco inaugure un format hybride entre compétition, exposition et gala, une première dans l’univers de la joaillerie. Contrairement aux salons traditionnels, où les maisons présentent leurs collections de manière statique, le Grand Prix mise sur une dimension spectaculaire : défilés sur mannequins vivants, scénographie immersive et remise de trophées en direct. L’objectif est clair : créer un rendez-vous annuel qui fasse date, à l’image des grands prix littéraires ou cinématographiques, explique Jean-Philippe Braud, directeur de l’événement.
Le choix de la date n’est pas anodin. Organisé chaque dernier week-end d’octobre, le sommet s’inscrit dans le calendrier des élites internationales, entre les ventes aux enchères automnales et les fêtes de fin d’année. Monaco capitalise ainsi sur son attractivité saisonnière, tout en évitant la concurrence directe avec les Bijenor parisiens ou les Couture Week.

Le contexte monégasque : entre héritage et modernité
La Principauté n’est pas un territoire neutre pour le luxe. Avec ses casinos mythiques, ses palaces et son statut de place financière, elle attire depuis des décennies une clientèle aisée en quête d’exclusivité. La Société des Bains de Mer (SBM), acteur historique contrôlé par l’État monégasque et partiellement par LVMH, joue un rôle central dans cette stratégie. Stéphane Valeri, son président-délégué, souligne que l’événement s’appuie sur l’infrastructure unique du Resort SBM : la Salle des Étoiles, le Casino de Monte-Carlo ou encore le Café de la Rotonde serviront de écrins aux créations.
Au-delà du prestige, Monaco mise sur sa réputation de sécurité et de discrétion, des atouts majeurs pour séduire collectionneurs et investisseurs. La SBM investit par ailleurs des millions d’euros annuellement dans des initiatives culturelles et humanitaires, alignant le Grand Prix sur une démarche de luxe responsable, initiée dès 2007.
La vision des fondateurs : un art à part entière
Pour Jean-Philippe Braud, le projet répond à un constat : la haute joaillerie, en tant qu’art majeur du luxe, méritait son propre sommet. Contrairement à la mode ou à l’horlogerie, ce secteur manque de visibilité médiatique, malgré des chiffres d’affaires colossaux et un patrimoine artisanal inégalé. Le Grand Prix entend combler ce vide en associant création artistique, savoir-faire et rayonnement international.
Stéphane Valeri insiste sur la complémentarité avec Paris : Toutes les maisons sont déjà présentes à Monaco, où elles réalisent une activité performante. Il ne s’agit pas de concurrencer la Place Vendôme, mais d’offrir un nouveau format, plus dynamique et ouvert. La dimension pédagogique est également centrale : chaque bijou exposé sera accompagné d’explications détaillées, une manière de démystifier un univers souvent perçu comme élitiste.
Organisation, participants et critères d’excellence
Derrière le faste du gala se cache une organisation rigoureuse, pilotée par des figures clés du luxe et de la gemmologie. La sélection des participants, la composition du jury et la définition des catégories de prix reflètent une volonté de représenter l’ensemble de la chaîne de valeur joaillière, des mines aux ateliers parisiens.
Une co-fondation stratégique entre SBM et Profirst France
L’alliance entre la Société des Bains de Mer et Profirst France, agence spécialisée dans l’événementiel haut de gamme, scelle la légitimité du projet. La SBM apporte son ancrage territorial et son réseau d’hôtels et casinos, tandis que Jean-Philippe Braud contribue son expertise en organisation de salons internationaux. Cette synergie permet de garantir une logistique irréprochable, essentielle pour un événement où chaque détail compte.
Le budget, bien que non communiqué, s’annonce conséquent. Les retombées économiques pour Monaco sont estimées à plusieurs millions d’euros, entre réservations hôtelières, ventes privées et médiatisation. Pour les maisons participantes, l’enjeu est double : renforcer leur image auprès d’une clientèle ultra-fortunée et bénéficier d’une vitrine inédite pour leurs pièces les plus audacieuses.
Les maisons et acteurs de la chaîne de valeur
La première édition réunira une quinzaine de maisons, mélange de géants historiques et de créateurs émergents :
- Maisons établies : Boucheron, Chanel, Chopard, Dior, Louis Vuitton, Tiffany & Co., Bulgari, Buccellati.
- Créateurs indépendants : Anna Hu (taïwanaise, connue pour ses pièces inspirées de la nature), Messika (marque française en pleine expansion).
- Autres acteurs : gemmologues, pays producteurs de pierres précieuses (Afrique, Asie), ateliers d’artisans et mécènes.
Cette diversité reflète la volonté des organisateurs de couvrir toute la filière, des mines aux collectionneurs. Les pièces en compétition, d’une valeur comprise entre 100 000 euros et plusieurs dizaines de millions, seront jugées sur des critères alliant technique, créativité et éthique.
Un jury international et des catégories diversifiées
La crédibilité du Grand Prix repose sur son jury, présidé par Fabienne Reybaud, journaliste spécialisée et figure respectée du secteur. Elle sera entourée de dix personnalités, dont :
- François Curiel (Christie’s Europe et Asie), expert en ventes aux enchères de bijoux exceptionnels.
- Evelyne Possémé (Musée des Arts Décoratifs), conservatrice et historienne de la joaillerie.
- Des représentants du design, de la gemmologie et de la presse internationale.
Huit trophées seront décernés, couvrant un spectre large :
| Catégorie | Description | Exemple de critère |
|---|---|---|
| Grand Prix (Joaillier de l’Année) | Récompense suprême pour une pièce ou une collection | Innovation technique et impact émotionnel |
| Prix du Design | Originalité esthétique et cohérence artistique | Utilisation inédite des matériaux |
| Savoir-faire | Maîtrise des techniques artisanales | Complexité des sertissages ou des gravures |
| Pierres Précieuses (Gemstone Prize) | Qualité et rareté des gemmes | Provenance éthique et taille exceptionnelle |
| Jeunes Talents (Hope Prize) | Soutien aux créateurs de moins de 35 ans | Potentiel de disruption dans le secteur |
| Patrimoine (Heritage Prize) | Hommage à une pièce historique ou une maison centenaire | Valeur patrimoniale et transmission des savoirs |
| Prix du Public | Vote des visiteurs et amateurs éclairés | Accessibilité et dimension émotionnelle |
| Prix Spécial du Jury | Coup de cœur pour une création hors norme | Audace et singularité |
Une expérience immersive entre gala et accessibilité
Le Grand Prix de la Haute Joaillerie se distingue par une programmation pensée pour casser les codes d’un univers souvent perçu comme fermé. Entre défilés spectaculaires, expositions pédagogiques et soirée de gala, l’événement promet une plongée dans l’envers du décor des ateliers joailliers, tout en célébrant le faste monégasque.
Démocratisation : expliquer pour séduire
L’une des innovations majeures réside dans l’ouverture au grand public. Pendant trois jours, les créations seront exposées dans les boutiques des maisons participantes ainsi qu’au Café de la Rotonde, un lieu emblématique du Casino de Monte-Carlo. Chaque bijou sera accompagné de fiches explicatives détaillant :
- Les techniques utilisées (sertissage, guillochage, émaux).
- L’origine des pierres et leur parcours depuis les mines.
- Le temps de fabrication (certaines pièces nécessitent plus de 1 000 heures de travail).
- Les inspirations artistiques des créateurs.
Cette approche pédagogique vise à désacraliser la haute joaillerie, souvent associée à un luxe inaccessible. Jean-Philippe Braud précise : Nous voulons montrer que derrière chaque pièce se cache une histoire, des mains et une passion. Cela change la perception du public.

La soirée de gala : un spectacle à la hauteur des enjeux
Le point d’orgue de l’événement aura lieu le 25 octobre à la Salle des Étoiles, un lieu mythique qui a accueilli des légendes comme Frank Sinatra ou Grace Kelly. La soirée, organisée comme un mélange de défilé, de cérémonie et de performance artistique, suivra un déroulé précis :
- Défilé d’ouverture : chaque maison présentera sa pièce phare sur des mannequins vivants, avec une mise en scène soulignant le caractère théâtral de la joaillerie.
- Remise des trophées : animée par une personnalité (non encore dévoilée), avec des discours mettant en lumière les lauréats.
- Dîner de gala : conçu par les chefs étoilés du Resort SBM, avec un menu inspiré des pierres précieuses (couleurs, textures).
- Soirée dansante : pour prolonger les échanges entre participants et invités.
Les mannequins vivants joueront un rôle clé : vêtus de robes sur mesure, ils mettront en valeur les bijoux comme des œuvres d’art mobiles, une première dans le milieu. La scénographie, confiée à un directeur artistique issu du monde du cinéma, promettra une immersion sensorielle, avec jeux de lumière et musiques originales.
Un événement ouvert, mais sélectif
Contrairement aux salons professionnels fermés au public, le Grand Prix adopte une politique d’accessibilité contrôlée :
- Accès payant : un ticket d’entrée sera requis pour les expositions et le gala (tarif non communiqué, mais estimé entre 500 et 2 000 euros selon les options).
- Public cible : collectionneurs, clients des maisons, résidents monégasques et amateurs éclairés (sur inscription).
- Médiatisation : diffusion en direct sur une plateforme dédiée et partenariats avec des médias comme Vogue Joaillerie ou The Jewellery Editor.
Cette ouverture relative s’inscrit dans une tendance plus large du luxe, qui cherche à élargir son audience sans perdre son exclusivité. Comme le note Fabienne Reybaud : La haute joaillerie n’est pas réservée à une élite. Elle est un art qui mérite d’être partagé, compris et célébré.
Monaco, futur épicentre de la joaillerie ?
Au-delà de l’événement lui-même, le Grand Prix de la Haute Joaillerie s’inscrit dans une stratégie ambitieuse pour Monaco : devenir un acteur incontournable du secteur, aux côtés de Paris, New York ou Dubaï. Cette initiative interroge les équilibres géographiques du luxe, tout en posant des questions sur l’éthique, la durabilité et l’innovation dans un marché en pleine mutation.
Le positionnement stratégique de la Principauté
Monaco ne part pas de zéro. La Principauté abrite déjà des boutiques des plus grandes maisons, une clientèle internationale et une infrastructure dédiée au luxe (hôtels 5*, casinos, événements comme le Yacht Show). Avec le Grand Prix, la SBM et l’État monégasque visent à :
- Diversifier l’offre culturelle : compléter les rendez-vous existants (Bal de la Rose, Festival de Télévision) par un événement dédié à l’artisanat d’exception.
- Attirer les investisseurs : les collectionneurs de bijoux sont aussi des acheteurs de résidences ou d’actifs financiers.
- Renforcer l’image de marque : Monaco mise sur son statut de destination ultra-sécurisée et discrète, un argument clé pour les clients fortunés.
Pour Stéphane Valeri, il s’agit de créer un écosystème où la joaillerie n’est plus un simple accessoire, mais un pilier de la culture monégasque. La SBM investit ainsi dans des partenariats durables avec les maisons, incluant des résidences d’artisans et des ateliers ouverts au public.
Complémentarité avec la Place Vendôme : une rivalité assumée ?
La question d’une concurrence avec Paris a été rapidement évoquée par les observateurs. Jean-Philippe Braud balaye ces craintes : Les maisons nous ont accueilli avec enthousiasme. Monaco n’est pas un rival, mais un complément. Ici, elles trouvent un format plus dynamique, plus médiatique, et une clientèle différente.
Les chiffres lui donnent raison : les ventes de joaillerie à Monaco ont progressé de 12 % par an depuis 2020, contre 5 % à Paris. La Principauté attire une clientèle plus internationale (Russie, Moyen-Orient, Asie), moins sensible aux tensions géopolitiques que les acheteurs européens. De plus, l’événement se déroule en octobre, une période creuse pour les salons parisiens.
Pour les maisons, Monaco offre aussi une vitrine plus intime : les expositions en boutique permettent des rencontres privilégiées avec les clients, loin de l’agitation des salons. Boucheron et Chopard, déjà très implantés sur le Rocher, voient dans le Grand Prix une opportunité de fidéliser leur clientèle locale tout en attirant de nouveaux collectionneurs.
Durabilité et éthique : un dialogue nécessaire
Le luxe ne peut plus ignorer les enjeux environnementaux et sociaux. Le Grand Prix intègre cette dimension via :
- Un Prix des Pierres Précieuses mettant en avant les gemmes d’origine éthique (mines certifiées, recyclage).
- Des conférences sur la traçabilité, animées par des experts comme François Curiel (Christie’s).
- Un partenariat avec la Fondation Princesse Grace pour soutenir des projets artisanaux dans les pays producteurs.
La SBM, engagée depuis 2007 dans une démarche de durabilité, insiste sur la transition énergétique de l’événement (compensation carbone, matériaux recyclés pour les scénographies). Evelyne Possémé (Musée des Arts Décoratifs) rappelle cependant que l’éthique ne doit pas être un argument marketing, mais une refonte profonde des pratiques, des mines aux ateliers.
Pour les maisons, ce volet est à la fois un défi (les pierres synthétiques gagnent du terrain) et une opportunité : les jeunes collectionneurs sont de plus en plus sensibles à la provenance des matériaux. Le Hope Prize, dédié aux jeunes talents, récompensera d’ailleurs des créations intégrant des matériaux innovants (or recyclé, diamants de laboratoire).











