La neuvième édition de la Biennale des Bijoutiers Créateurs se tiendra les 22 et 23 novembre 2025 à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire, près de Roanne, offrant un panorama vivant des bijoux contemporains. Cet événement, organisé par La Cure, pôle métiers d’art de Roannais Agglomération, réunit 26 artisans sélectionnés pour leur savoir-faire innovant, avec un accent sur les jeunes talents et une invitation d’honneur à Ambroise Degenève. Au-delà de l’exposition-vente, il propose démonstrations, ateliers et conférences, reliant artisanat d’art et patrimoine local.
À retenir
- La Biennale se déroule les 22 et 23 novembre 2025, de 10h à 18h, à La Cure et dans le village médiéval de Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire.
- 26 bijoutiers contemporains exposent, dont 14 pour la première fois et 4 jeunes créateurs en vedette : Claire Ovni, Amabilis Atelier, Nina Faivre et Collectif Ylika.
- Ambroise Degenève, invité d’honneur, présente ses pièces wabi-sabi inspirées de techniques archaïques comme la fonte de sable.
- Programme riche : conférences gratuites, démonstrations et ateliers payants sur réservation, entrée libre pour le salon.
- En résonance, l’exposition Bijoux inspirés au Musée Joseph Déchelette dure jusqu’au 29 décembre 2025, dialoguant avec le patrimoine archéologique.
- Près de 2000 visiteurs attendus, avec parkings et navettes gratuits pour faciliter l’accès.
Dans un paysage de la joaillerie où l’industriel domine souvent, cette biennale incarne un retour aux sources artisanales, mêlant esthétique brute et plaisir de la découverte pour un public curieux mais non initié. Elle arrive à point nommé, alors que les métiers d’art peinent à renouveler leurs vocations face à la fast fashion, et met en lumière des créateurs qui réinventent le bijou comme objet personnel et intemporel. Pour les Ligériens et au-delà, c’est une occasion rare d’identifier des pièces uniques qui racontent une histoire, tout en soutenant un écosystème local dynamique. L’angle esthétique prime ici, avec des techniques ancestrales revisitées pour un style contemporain, invitant à un désir palpable de l’ornement qui transcende le quotidien.
La biennale : un village médiéval transformé en écrin pour l’artisanat d’art
Imaginez un salon où les rues pavées d’un village du XVIe siècle deviennent un parcours immersif, reliant manoirs anciens et ateliers improvisés. C’est l’essence de cette neuvième Biennale des Bijoutiers Créateurs, qui s’ouvre sur deux jours intenses de partage et d’échange.
Faits marquants et sélection rigoureuse des exposants
Organisée par La Cure, pôle métiers d’art de Roannais Agglomération, l’édition 2025 accueille 26 artisans venus de 21 départements français, un bond par rapport aux 20 de 2023. Parmi eux, 14 font leurs premiers pas sur ce salon, et 10 appartiennent à Atelier d’art de France, garantissant une diversité de styles en bijou, joaillerie et sculpture ornementale. Sur 59 dossiers de candidature reçus – contre 62 l’an passé –, un jury a retenu ceux qui excellent dans la pièce unique, utilisant argent, or, laiton ou pierres semi-précieuses.
Le lieu, à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire, amplifie le charme : le Manoir de la Mure-Chantois abrite des stands dans ses espaces atypiques, tandis que le village piéton invite à une déambulation fluide. Avec une entrée libre et des navettes gratuites depuis les parkings, l’événement s’adresse à un public élargi, incluant 5 % de visiteurs non ligériens en 2023, venus du Rhône ou de l’Allier. Cette accessibilité renforce l’identification au savoir-faire local, où chaque bijou raconte une technique ciselée ou tissée à la main.
Les jeunes créateurs : une nouveauté qui pulse d’énergie fraîche
Pour la première fois, un espace dédié aux jeunes créateurs met en lumière quatre talents émergents : Claire Ovni, avec ses pièces textiles audacieuses ; Amabilis Atelier, explorant l’émail et le métal ; Nina Faivre, en céramiste joaillière ; et le Collectif Ylika, fusionnant sculpture et ornement. Ces exposants, souvent issus d’écoles d’art récentes, apportent un style hybride qui séduit par son plaisir immédiat, loin des conventions.
Claire Ovni, par exemple, intègre du micro-macramé pour des colliers légers, tandis que Nina Faivre détourne la céramique en broches délicates, évoquant un désir d’accessoires quotidiens poétiques. Cette initiative répond à un enjeu majeur des métiers d’art : attirer de nouvelles vocations, alors que les candidatures stagnent légèrement. En les plaçant au cœur du parcours, la biennale favorise des rencontres directes, où les visiteurs ligériens peuvent toucher, questionner et même commander sur mesure.
Programme immersif : démonstrations et ateliers pour une transmission vivante
Le samedi 22 novembre, à 16h30, MARM démontre le modelage de cires dures et le tissage de plaques, techniques essentielles pour mouler des formes complexes en bijouterie. Le lendemain, à 14h, Atelier Pontfleuri révèle la fonte de sable, un procédé archaïque où le métal fondant capture des impressions uniques, idéal pour des bagues sculpturales.
Les ateliers payants complètent l’offre : à 10h30 le samedi, Graine au vent initie au micro-macramé pour 14 euros, accessible dès 12 ans ; à 13h30, Bérengère Giraud enseigne le martelage pour 28 euros, dès 15 ans, affinant des métaux bruts. Dimanche à 16h, l’atelier Chaîne humaine d’Atelier Pontfleuri, à 10,50 euros dès 10 ans, crée une œuvre collective par moulage en sable, favorisant le plaisir collaboratif. Ces sessions, sur réservation, soulignent les bonnes pratiques éthiques, comme le recyclage dans la conférence Bijoux de famille de Bérengère Giraud, dimanche à 11h.

Ambroise Degenève et l’exposition Bijoux inspirés : un pont entre passé et présent
Au milieu de cette effervescence, Ambroise Degenève émerge comme figure centrale, reliant l’esthétique wabi-sabi à un dialogue avec l’archéologie locale, pour un style qui questionne la fragilité du bijou.
Portrait de l’artiste : une quête empirique entre corps et matière
Basé dans le Rhône, Ambroise Degenève cultive depuis quinze ans une recherche où le bijou chevauche sculpture et ornement, interrogeant le rapport au corps et à l’espace. Ses pièces, peu polies et acceptant l’oxydation naturelle, embrassent le wabi-sabi – cette esthétique japonaise valorisant l’imperfection et le passage du temps. Il broie des perles ou taille des pierres de synthèse, détournant leur valeur marchande pour un regard attentif sur la matérialité.
Sur son stand à La Cure, espace Galerie, il expose ces créations brutes, nées d’un empirisme méthodique : fonte de sable pour des moules uniques, où le hasard dialogue avec la maîtrise.
Ses bagues sculpturales rappellent que « le bijou n’est pas éternel, mais trace de notre usure partagée ».
Explique l’artiste lors d’une précédente rencontre. Cette approche primitive, sans hyperbole, invite à un plaisir tactile, où l’identification passe par l’acceptation des textures estompées.
Le lien avec l’exposition au musée : un archéologue joaillier en action
Parallèlement, l’exposition Bijoux inspirés au Musée Joseph Déchelette de Roanne, du 25 octobre au 29 décembre 2025, réunit 18 créateurs contemporains en dialogue avec des fragments antiques : pointes moustériennes, têtes animales vernissées. Ambroise Degenève y contribue avec un ensemble de bagues inspirées de ces artefacts, moulées en sable pour évoquer un patrimoine vivant.
Vernissage le 24 octobre, rencontre avec l’artiste le 25 à 15h, et ateliers pour enfants et adultes complètent le programme. Situé au 22 rue Anatole France, ce musée, avec ses verrières et céramistes en écho, amplifie le thème : comment la joaillerie contemporaine s’empare de l’archéologie pour un style hybride. Pourtant, certains critiques notent que cette fusion risque de diluer l’authenticité artisanale face à l’ampleur muséale – un contrepoint loyal, où l’exposition gagne en profondeur sans occulter les défis de préservation.
En fin de parcours, cette biennale laisse entrevoir un artisanat d’art résilient, où chaque visiteur repart avec un bijou ou une idée, ancrée dans le sol ligérien.











