Le groupe de luxe Kering, bien connu pour ses marques emblématiques comme Gucci, Saint Laurent, et Boucheron, subit un ralentissement de ses ventes, particulièrement accentué dans le secteur de la joaillerie et sur le marché asiatique. Au troisième trimestre 2023, la baisse de la demande pour les produits de luxe a entraîné une chute de 15 % du chiffre d’affaires dans le segment « autres maisons » de Kering, qui inclut la joaillerie, les montres et certains produits de mode supplémentaires. Les ventes de ce segment ont ainsi atteint 686 millions d’euros, marquant un net recul par rapport à l’année précédente.

Un recul lié aux incertitudes en Chine
La Chine, qui reste un marché crucial pour l’industrie du luxe, montre des signes de faiblesse en raison d’une baisse de la confiance des consommateurs, comparable à celle observée pendant les années Covid. Ce climat de consommation morose impacte directement les performances des grandes marques de Kering. La directrice financière du groupe, Armelle Poulou, a déclaré lors de l’appel aux résultats : « Nos marques de joaillerie ont mieux résisté, mais n’ont pas été totalement immunisées contre la tendance régionale générale », ajoutant que l’exposition de Kering à la Chine continue de peser sur ses résultats.
Pour le groupe dans son ensemble, les ventes du troisième trimestre se sont repliées de 15 %, pour s’établir à 3,79 milliards d’euros (4,09 milliards de dollars). Cette baisse prolongée illustre la dépendance de Kering vis-à-vis du marché asiatique et les défis croissants rencontrés par le groupe pour stimuler la demande locale.

Un bilan à la baisse sur les neuf premiers mois de l’année
Sur les neuf premiers mois de 2023, le chiffre d’affaires de Kering s’élève à 12,8 milliards d’euros (13,82 milliards de dollars), enregistrant une baisse de 12 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les ventes de la division « autres maisons » ont diminué de 10 % sur cette période, atteignant 2,4 milliards d’euros (2,56 milliards de dollars). En plus du ralentissement économique en Chine, le groupe doit composer avec des incertitudes mondiales persistantes, ce qui pourrait freiner la demande de biens de luxe dans les mois à venir.
Gucci : des interrogations stratégiques
Parmi les marques de Kering, Gucci, son enseigne phare, continue de rencontrer des difficultés. Depuis fin 2022, Gucci peine à retrouver sa dynamique de croissance. Selon une note de la banque Bernstein, ces résultats décevants posent des questions sur la stratégie actuelle de la marque, notamment après les récents changements dans la direction artistique et opérationnelle. Les analystes s’interrogent sur la capacité de Gucci à revitaliser son attrait auprès des consommateurs dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Un géant du luxe en mutation
Kering regroupe un portefeuille de marques prestigieuses dans la mode, la maroquinerie et la joaillerie, parmi lesquelles Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga, Alexander McQueen, Brioni, Boucheron, Pomellato, Dodo, Qeelin, Ginori 1735, ainsi que des branches dédiées aux lunettes et aux cosmétiques. En 2023, le groupe comptait 48 964 collaborateurs et affichait un chiffre d’affaires annuel de 19,6 milliards d’euros. Kering exploite un réseau international de 1 771 magasins, répartis principalement en Europe de l’Ouest (27,6 % du chiffre d’affaires), en Amérique du Nord (23 %), et dans la région Asie-Pacifique (35 %), soulignant son ancrage fort dans les marchés émergents et matures du luxe.

Avec un contexte économique incertain et une concurrence accrue dans le secteur du luxe, Kering devra poursuivre ses efforts pour s’adapter aux fluctuations du marché et aux évolutions des attentes des consommateurs, tout en renforçant l’attractivité de ses marques phares. Les résultats des prochains mois seront déterminants pour mesurer l’impact des ajustements stratégiques en cours et la capacité du groupe à rebondir dans ce contexte difficile.



